Comment trouver des clients quand on démarre son activité
Trouver ses premiers clients, dans l’ordre
- Vos anciens contacts rapportent plus vite que n’importe quelle publicité.
- Le démarchage par courriel vers un particulier suppose son accord préalable.
- Un client satisfait qui recommande vaut trois prospects froids.
- Une offre étroite se recommande, une offre large ne se retient pas.
- Comptez deux à six mois entre le premier contact et la première facture.
5 faits vérifiés3 sourcesmis à jour le 10 septembre 2026
Le carnet d’abord
Anciens collègues, anciens clients, fournisseurs. Le cercle qui répond.
La règle du courriel
Vers un particulier, l’accord se recueille avant l’envoi.
La question arrive toujours au même moment : le site est en ligne, les cartes sont imprimées, et le téléphone ne sonne pas. Je vois passer cette situation plusieurs fois par an chez des indépendants qui ont tout bien fait sur la forme, et qui attendent que le marché les remarque. Il ne les remarquera pas. Voici l’ordre dans lequel je conseille de s’y prendre, du geste qui rapporte le plus vite au travail de fond qui paie sur la durée.
Par où commencer quand on n’a aucun client ?
Par les gens que vous connaissez déjà. Ce conseil paraît trop simple pour être sérieux, et c’est pourtant celui qui produit les premiers contrats dans la grande majorité des cas que j’observe.
Faites la liste, en vrac, de vos anciens collègues, de vos anciens employeurs, des clients de votre activité précédente, des fournisseurs avec qui vous avez travaillé, des personnes rencontrées en formation. Trente à cinquante noms sortent presque toujours de cet exercice, chez quelqu’un qui pensait n’avoir aucun réseau.
Écrivez-leur un message court et honnête : ce que vous faites maintenant, pour qui, et la question directe de savoir s’ils connaissent quelqu’un que cela pourrait intéresser. Pas de plaquette, pas de formule commerciale. Le but n’est pas de leur vendre quelque chose, c’est d’entrer dans leur tête au moment où ils entendront parler d’un besoin.
Ce premier tour prend deux soirées et coûte zéro euro. Il produit en général une ou deux pistes réelles, ce qu’aucune campagne payante ne fait pour ce prix à ce stade.
Un mot sur le rythme de ce premier tour : étalez-le sur deux semaines plutôt que de tout envoyer un mardi soir. Les réponses arrivent en désordre, et vous voulez pouvoir en traiter une correctement plutôt que d’en bâcler cinq. Notez dans un tableau à qui vous avez écrit et quand, avec une colonne pour la relance. Une relance unique, dix jours après, double en général le nombre de réponses obtenues, et personne ne l’a jamais mal prise dans les cas que j’ai suivis.
Ce que vous cherchez à ce stade n’est pas un contrat, c’est une conversation. Un contact qui accepte un appel de vingt minutes pour vous expliquer comment son secteur fonctionne vous donne trois choses : le vocabulaire du métier, le prix que ces gens ont en tête, et souvent un deuxième nom à appeler.

Peut-on démarcher par courriel ou par téléphone ?
Oui, mais les règles diffèrent selon la personne en face, et la distinction se joue sur un point précis.
Quand vous écrivez à un particulier, la prospection par courriel, par SMS ou par message automatisé suppose son consentement préalable, recueilli de façon libre et claire. La CNIL le rappelle sans ambiguïté : la case pré-cochée ne vaut pas accord, et l’adresse récupérée sur un site public ne vaut pas non plus autorisation.
Quand vous écrivez à un professionnel sur son adresse professionnelle, à propos de son métier, le régime est plus souple : l’accord préalable n’est pas exigé, mais la personne doit être informée de l’usage de ses coordonnées et pouvoir s’y opposer à tout moment, dès le premier message.
Dans les deux cas, l’identité de l’expéditeur doit être visible et le moyen de refuser doit fonctionner. Une adresse de réponse qui rebondit transforme un message légal en manquement.
| Vous écrivez à | Accord préalable | Ce qui reste dû |
|---|---|---|
| Un particulier | Oui, avant l’envoi | Identité visible, refus possible |
| Un professionnel, sujet lié à son métier | Non | Information dès le premier message, refus possible |
| Un contact rencontré en salon | Selon ce qu’il a accepté | Notez ce qu’il a coché, et quand |
Sur la forme, un message de démarchage qui fonctionne tient en six lignes : qui vous êtes, pourquoi vous écrivez à cette personne précisément, ce que vous proposez en une phrase, et une question fermée à laquelle on peut répondre en trois mots.
📇 Tenez un fichier de vos contacts avec la date et l’origine de chaque accord. Le jour où quelqu’un conteste avoir été démarché, cette colonne vous sauve la mise, et elle prend dix secondes à remplir au moment où vous ajoutez la ligne. Reconstituer l’historique deux ans plus tard est impossible.
Comment se faire trouver plutôt que démarcher ?
Le démarchage remplit un carnet vide. Il ne le remplit pas deux fois de suite avec la même énergie, et la plupart des indépendants s’épuisent avant d’en tirer un rythme régulier. La suite se joue sur le fait d’être trouvé.
Trois leviers, par ordre de rendement dans mon expérience sur des petites structures :
- La recommandation : un client content qui parle de vous coûte zéro et convertit mieux que tout le reste. Demandez-la explicitement, à la fin d’une mission réussie, pendant que le souvenir est frais.
- Le site : une page par prestation, avec le prix ou au moins une fourchette, et des réalisations montrées. Le détail de ce qui doit y figurer est traité dans l’article sur la création d’un site en trois heures.
- La visibilité locale : la fiche d’établissement sur les moteurs, les annuaires du secteur, les groupes professionnels de votre zone.
Ces trois leviers mettent des mois à produire, et c’est pour cette raison qu’on les lance en même temps que le démarchage, pas après. D’autres pistes concrètes pour attirer sans démarcher sont détaillées dans l’article sur les douze clés pour attirer les clients.
Une remarque sur la cohérence visuelle, souvent négligée à ce stade : un prospect qui reçoit un devis dont la mise en forme ne ressemble en rien au site hésite une seconde de plus. Ce que doit contenir une identité minimale figure dans l’article sur l’identité visuelle.
Faut-il élargir son offre pour trouver plus de clients ?
L’instinct dit oui, et il se trompe. L’observation dit le contraire, et c’est le point sur lequel je discute le plus avec les indépendants qui démarrent.
Une offre large ne se recommande pas. « Je fais de la communication » ne déclenche aucune recommandation, parce que personne ne sait quand penser à vous. « Je refais les sites des cabinets de kinésithérapie » déclenche un nom dès que quelqu’un entend un kinésithérapeute se plaindre de son site.
Le calcul fait peur parce qu’il donne l’impression de renoncer à des clients. En pratique, sur un marché où vous êtes inconnu, le nombre de personnes capables de vous recommander compte davantage que le nombre de personnes que vous pourriez servir.
Rien n’empêche d’accepter des missions hors de ce cadre quand elles se présentent. La spécialité sert à ce que l’on dise de vous, pas à refuser du travail.
Sur les tarifs, dernier point qui bloque souvent : annoncez un prix, même approximatif, même sous forme de fourchette. Un prospect qui doit demander pour savoir combien ça coûte demande une fois sur cinq. Les quatre autres ferment l’onglet.
Vient enfin la question du temps à y consacrer. Sur une semaine de travail ordinaire, je conseille de bloquer une demi-journée fixe pour la recherche de clients, au même endroit dans l’agenda, y compris les semaines où le carnet est plein. C’est précisément quand on a du travail qu’on arrête de prospecter, et c’est ce qui produit les trous de trois mois plus tard.
Un point de vigilance sur les plateformes de mise en relation, que beaucoup utilisent pour démarrer : elles apportent du volume rapidement, mais les clients y comparent d’abord les prix, et vous n’emportez pas la relation quand vous partez. Servez-vous-en comme d’un terrain d’entraînement pour caler votre discours et vos tarifs, pas comme d’un canal permanent.
⏳ Comptez deux à six mois entre le premier contact et la première facture sur une prestation à quelques milliers d’euros. Ce délai n’est pas un échec de votre part, c’est le rythme normal d’une décision d’achat dans une petite structure. Prévoyez la trésorerie en conséquence, et ne changez pas de stratégie au bout de trois semaines de silence.
Trois idées reçues sur la prospection
Question 1 sur 3
Une adresse trouvée publiquement sur un site peut être démarchée librement.
Question 2 sur 3
Élargir son offre au maximum augmente les chances d’être choisi.
Question 3 sur 3
Afficher ses tarifs fait fuir les prospects.
Questions fréquentes sur la recherche de clients
Combien de temps avant les premiers clients ?
Comptez deux à six mois entre le premier contact et la première facture sur une prestation à quelques milliers d'euros. Les recommandations arrivent plus vite que le référencement.
A-t-on le droit d'envoyer des courriels de prospection ?
Vers un particulier, seulement avec son accord recueilli avant l'envoi. Vers un professionnel sur son métier, sans accord préalable, mais avec information et possibilité de refus dès le premier message.
Faut-il payer de la publicité pour démarrer ?
Rarement au début. Le carnet d'adresses, la recommandation et une page claire par prestation produisent davantage pour un budget nul, tant que l'offre n'est pas éprouvée.
Vaut-il mieux baisser ses prix pour décrocher les premiers contrats ?
Non. Un tarif bas attire des clients qui repartiront au premier concurrent moins cher, et remonter ensuite avec les mêmes clients est très difficile. Réduisez plutôt le périmètre de la mission.



